Écailles, mucus et mauvais goût

Une session haute en couleurs racontée avec sa verve par Anthony. Un bon titre  : Écailles, mucus et mauvais goût …..

Nous avons tous dans le coin de notre tête une session hors normes que ce soit par le lieu pêché, le poisson touché, le nombre de prises ou alors le déroulement de celle ci. J’ai eu la chance de connaître une session qui regroupait tous ces événements.

Pour cette session, j’étais accompagné par un petit jeune, pour « une session découverte  » que j’avais dit à ses parents… J’en rigole encore.
Déjà le fait de pouvoir partir tenait du miracle. 2 pêcheurs plus le bazar qui va bien pour 4 nuits, le tout casé dans une Clio… Autant vous dire que j’étais très très fort au Tetris .
Nous avalons la centaine de kilomètre qui nous sépare de notre point de chute. Nous arrivons sur un domaine forestier de plusieurs millier d’hectares. Le calme et la beauté du lieu nous envahit .Il est évident que nous allons apprécier cette session. Après un passage rapide chez le proprio pour glâner quelque info nous nous retrouvons face à notre terrain de jeu. Sauvage au possible, avec arrivée sur zone accessible uniquement en bateau ,  et au menu : tache de sable sur fond vaseux, nénuphars, bois immergés et cerise sur le gâteau seuls au monde pour nos 4 jours de pêche. Le TOP.

On va se gaver au niveau des mirettes et, on l’espère, au niveau poisson. Avec du recul, se gaver était un terme idéalement choisi. Au bout de 48h, la batterie de mon bateau est rincée et nous aussi. Nous devons être à autant de sorties bateau que de nombre d’heures de pêche. Pas toujours accompagné de fish mais la cadence est là, et la fatigue aussi.

Nous ne sommes qu’à mi parcours. Ont décident de lever le pied pour une petite heure, histoire de rendre une petite visite à nos beds si peu croisés jusqu’à présent. A ce moment là, je ne me doutais pas que c’était la dernier fois de cette session que j’allais me coucher sur mon bed.

La sieste est très vite entamée, mais nous sommes réveillés par une sorte de grognement suivi de bruit de végétation que l’on casse. Peut-être un sanglier attiré par nos fûts de maïs ? De toute façon l’impacte semble imminent au vu du rapprochement des bruits. Nous nous préparons à…. quand une tête, tout ce qu’il y a de plus humanoïde, apparaît dans l’ouverture de notre biwi. En guise de sanglier nous nous retrouvons avec un mec pas très content à première vue, mais surtout parlant un dialecte bizarre. Je ne capte rien. La vache ! Qu’est qu’il y avait dans cette dernière bière ? Je dors encore ou alors on me fait une blague… Et l’autre là qui s’époumone avec de grands gestes que je ne comprenais pas plus que ce qu’il me disait. Bordel sur quoi on est tombés ? On se regarde avec mon binôme en cherchant juste une explication rationnelle à la situation. Après quelque minute j’arrive a situer d’où vient son dialecte. C’est de l’anglais mais avec un accent de sud ouest qui roule les RRRRRRRRR de partout. De plus, son débit de parole poussé au maximum sous le fait de la colère. MOI PAS COMPRENDRE TOI ! J’avais beau avoir localisé sa contrée d’origine, nous n’étions par sortis de l’auberge pour autant :  moi avec mon niveau collège en anglais et lui son accent à casser des cailloux. Le dialogue mit un peu de temps pour s’établir et quand ce fût le cas, j’ai juste pu comprendre que les gendarmes étaient en route et que nous étions chez lui . »OH MERDE » et moi qui avait dit aux parents de mon jeune padawan que l’on partaient pour une session « découverte », je crois bien que je ne pouvais pas faire beaucoup mieux niveau découverte.

Je vous ferai grâce de toutes les discutions entre gendarmes, interprète, proprio anglais ,proprio français et nous. Mais comme dans tout bon film la fin est un happy end. Nous rentrons chez nous certes avec une session écourtée, mais avec des souvenirs pleins la tête. Souvenir de ces fishs de ouf, de ce lieu superbe, de cette fin de session mémorable et de cette esprit carpiste qui est le sel de notre passion qui perdure malgré tout. Car je ne vous ai pas dit. Après le départ des gendarmes, de l’interprète et du faux proprio français, nous nous sommes retrouvés seul avec le proprio anglais. Il s’est excusé de son comportement vis à vis de nous et a bien vu que nous n’étions pour rien dans cette histoire. Il en était même triste pour nous, ça ce voyait. Cela en était limite touchant. Il sorti l’album de tous les fish qui nageaient dans son plan d’eau et nous lui montrons à notre tour celle prises pendant ces 48h. Nous sommes bien resté 1h à échanger, tant bien que mal. Et c’est là, au moment du départ, qu’il a commis l’irréparable. Pour se racheter de ces 4 dernières heures mouvementées, il se sentit obligé de nous offrir quelque chose. Et ce fut du vin en brique UHT. BEURK, le mauvais goût à l’anglaise .

 
 
 
 
 

 

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