Le diktat du beau matos

Anthony n’est pas avare d’anecdotes et nous relate une rencontre saugrenue, au travers de laquelle il aborde la question des différentes motivations qui animent les pêcheurs.

« Je vous rassure ce billet n’a pas pour but de baver sur telle ou telle marque, ou de vous dire que tout ce qui est beau est inutile. Ce ne sera pas non plus la parole d’un vieil aigri qui veut cracher son venin sur quelque chose que son portefeuille ne peux pas lui permettre de s’offrir. Non rien de tout cela. Il s’agit juste de mettre en avant certains comportements que j’ai croisés plus d’une fois au bord de l’eau et que je trouve marrants.

Nous avons tous une sensibilité différente face à un bel ensemble canne, moulin, rod et détecteurs. Mais au vu du comportement de certains, j’imagine facilement que cette sensibilité est la seule chose qui les pousse à être au bord de l’eau. Je me souviens d’avoir croisé un camarade carpiste qui avait poussé ce diktat à son paroxysme. Imaginez une petite rivière comme nous avons tous auprès de chez nous, avec des spots bien marqués de nénuphars, d’arbres morts, d’amortis… Notre collègue avait décidé de mettre son rod, certes sur une zone bien plane et dégagée, mais à un endroit qui générait des angles de dingue pour ses lignes. Du style pointe de canne limite parallèle à la rivière en direction de l’aval , avec les lignes pêchant des spots vers l’amont.

Étant de nature curieuse et n’étant pas fermé à apprendre, peut être, une nouvelle approche, je lui demande le pourquoi du comment de ce positionnement. Ouh la la ! J’ai vite vu à son regard que je devais vraiment ne rien y connaître. Remarque, sa réponse a sûrement produit chez moi le même regard envers lui. Mais oui mais c’est bien sûr ! Suis-je con ? La raison de ce positionnement était pourtant évidente :
« Le soir, au couchant, le soleil se trouve dans l’axe de ma canne du milieu, ce qui est top pour faire des tofs ! Pis ça met bien en valeur mes nouvelles cannes……. »

Pour la petite histoire, il était 10h du mat en juin donc avant de voir le coucher de soleil il avait un peu de temps. J’espérais juste pour lui, et son bel ensemble, que les carpes du coin n’allaient pas lui faire de rush trop brusque. Car un ensemble, aussi beau soit-il, lorsqu’il tombe au fond de l’eau, même sous un couché de soleil, ça reste très très moche.
Quelque part je kiffe ce genre de personnage. Vous imaginez le temps passé à observer la course du soleil, calculer les angles parfait pour installer son rod ? Il faut être sacrément méticuleux.

J’ai choisi un cas extrême dans mon carnet de joyeuses rencontres au bord de l’eau, mais à moindre degré, la finalité en est tout aussi marrante. Je ne vais pas avoir la prétention de vous apprendre à pêcher, mais par contre je peux vous assurer que l’on peut faire de très beaux clichés avec une seule canne sur une pique.

 
 
 

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